Col du Tourmalet : profil de la montée, altitude et histoire
Si vous aimez les cols mythiques, le col du Tourmalet fait partie de ces routes qui restent dans un coin de la tête. On parle d’une bande d’asphalte qui grimpe jusqu’à l’altitude 2115 mètres, au milieu des Hautes-Pyrénées, là où la route finit par se perdre dans la haute montagne. On y trouve des histoires de champions, des cris dans les virages, du brouillard parfois, et surtout des cyclistes qui viennent se mesurer à ce géant depuis 1910, année de la première ascension du Tour de France sur ces pentes. Si vous préparez une montée du Tourmalet à vélo ou que vous rêvez devant les images de la Grande Boucle, cet article est un brief d’ami: on regarde le profil de la montée, les deux versants Luz-Saint-Sauveur et Sainte-Marie-de-Campan, la légende du Tour, et tout ce qu’il faut pour ne pas exploser avant La Mongie.
Le Tourmalet, un géant des Pyrénées au-dessus de 2 100 mètres
Le col du Tourmalet, c’est d’abord un col de montagne bien réel, planté au centre des Pyrénées françaises, dans le département des Hautes-Pyrénées. La route du Tourmalet suit la D918 et relie les vallées de l’Adour, côté Bagnères-de-Bigorre, Campan et La Mongie, à celle du gave de Pau côté Luz-Saint-Sauveur et Barèges. On est à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tarbes, avec un accès simple en voiture depuis Lourdes, Pau ou Toulouse.
Officiellement, le sommet culmine à 2115 m d’altitude. Selon plusieurs sources, il est présenté comme le plus haut col routier des Pyrénées françaises, même si des débats existent avec le col de Portet et le col de Tentes, plus hauts mais moins “passants” ou avec une route qui se termine au sommet. Pour le cycliste, que ce soit le “plus haut” ou le troisième n’a qu’un impact limité, ce qui compte, c’est la longueur de la montée, la pente et l’ambiance pleine de gens qui ont mal aux jambes.
Ce décor physique pose déjà l’ambiance: une route de montagne asphaltée, fréquentée l’été par les voitures, les motos et surtout les cyclistes venus tester un des cols mythiques des Pyrénées. Au-dessus, le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire donnent un cadre presque irréel au sommet du col.
Profil de la montée côté Luz-Saint-Sauveur : le versant ouest qui use les jambes
Par Luz-Saint-Sauveur, on attaque le versant ouest, celui qui fait souvent mal dans le Tour… et dans les sorties amateurs. Les chiffres donnent déjà le ton: environ 18,8 à 19 km de montée, un dénivelé positif 1404 mètres et une pente moyenne autour de 7,2–7,7 % selon les profils et les sources. Le départ se situe vers 700–760 m d’altitude, pour finir à 2115 m: autant dire que ça grimpe tout le long.
Cette vidéo illustre concrètement ce qui vient d'être expliqué :
La montée s’organise en plusieurs “chapitres”. Au départ de Luz, la pente reste encore gérable, autour de 6–7 %, le paysage est celui d’une vallée encaissée avec la route qui suit le torrent. Très vite, les pourcentages tournent régulièrement autour de 8–9 %, avec le passage par Barèges, village souvent cité dans les récits de la Grande Boucle. C’est une montée assez régulière, avec très peu de replats: on appuie, kilomètre après kilomètre. Les derniers kilomètres sont plus sauvages, exposés au vent, avec des passages qui flirtent avec 9–10 % et des relevés mentionnant des pointes autour de 10,5 % dans le final.
Personnellement, je conseille de garder de la réserve jusqu’à la sortie de Barèges: ce versant ouest use les jambes car on n’a pratiquement aucun moment pour récupérer. Les cyclistes qui racontent leur montée parlent d’un effort continu, presque monotone, où le mental compte autant que les watts. Le dernier kilomètre, avec ses grandes courbes et le sommet en vue, est souvent une vraie lutte intérieure.
Ascension depuis Sainte-Marie-de-Campan : un versant est trompeur et exigeant
Depuis Sainte-Marie-de-Campan, côté est, l’histoire est différente. Sur le papier, ce versant est plus court: environ 16,9 à 17,2 km selon les sites, pour un dénivelé positif 1268–1270 m et une pente moyenne proche de 7,4–7,5 % Départ autour de 820–830 m, arrivée à 2115 m: le gain d’altitude reste massif.
Les 4 premiers kilomètres sont presque roulants, en fond de vallée, avec des pentes plus douces qui donnent l’impression qu’on va “bien monter aujourd’hui”. Mauvais signe: c’est là que beaucoup se mettent en surrégime. Après Gripp, la route se cabre, et la vraie montée commence, avec une succession de longs kilomètres soutenus vers La Mongie, souvent annoncés autour de 8–9 %, avec des passages à 10–11 %. L’ambiance change complètement: haute montagne, virages en épingle, remontées mécaniques qui s’alignent sur les crêtes. On sent que l’on entre dans un autre monde.
Ce versant est piégeux. On croit au début à une montée accessible, puis le final très physique, avec ses épingles et ses longues lignes droites, peut casser net un cycliste qui a mal géré son effort. Autant dire que si vous partez fort en fond de vallée sans penser aux dix derniers kilomètres, vous risquez la fameuse “explosion” avant d’apercevoir la statue des Géants de la Route.
Tableau comparatif des deux versants du col du Tourmalet
| Versant | Point de départ | Longueur approximative | Dénivelé positif | Pente moyenne | Pente maximale indicative |
|---|---|---|---|---|---|
| Luz-Saint-Sauveur (ouest) | Luz-Saint-Sauveur | 18,8–19 km | 1404 m | ≈ 7,4 % | ≈ 9,6–10,5 % |
| Sainte-Marie-de-Campan (est) | Sainte-Marie-de-Campan | 16,9–17,2 km | 1268 m | ≈ 7,3–7,5 % | ≈ 10 % |
On voit bien pourquoi le versant ouest est souvent présenté comme plus dur: plus long, dénivelé supérieur et final très raide. Le versant est, lui, se montre plus compact mais tout aussi exigeant, avec ce contraste entre début tranquille et final explosif.
Tourmalet et Tour de France : le col le plus souvent escaladé de la Grande Boucle
Le Tourmalet, dans l’histoire du Tour de France, c’est presque une colonne vertébrale. La première fois que le peloton y grimpe, nous sommes en 1910: Octave Lapize passe en tête au sommet, dans une étape devenue légendaire par sa dureté. À l’époque, les routes sont à peine carrossables, les coureurs enchaînent Peyresourde et Tourmalet dans la même journée, et les récits parlent d’“assassins” pour qualifier les organisateurs.
Depuis, le col est revenu régulièrement sur la carte du Tour. Les chiffres varient selon les comptages: on parle de plus de 80 passages, certains sites annoncent 84, d’autres 86 ou 87 apparitions, mais tous s’accordent sur un point: c’est le col le plus emprunté de l’histoire de la Grande Boucle. Les arrivées au sommet, elles, sont rares: trois fois seulement, avec des victoires de Jean-Pierre Danguillaume en 1974, Andy Schleck en 2010 et Thibaut Pinot en 2019. Le reste du temps, le Tourmalet sert de col de passage, souvent au milieu d’étapes géantes dans les Pyrénées.
Au sommet et sur ses abords, la mémoire du Tour est visible. On trouve le monument Jacques Goddet, directeur mythique du Tour, ainsi que la grande statue des Géants de la Route, hommage aux pionniers comme Lapize et Christophe. Les vidéos d’archives, les documentaires et les reportages télé ont largement construit l’image d’un “géant des Pyrénées”, au même niveau symbolique que le Galibier ou l’Alpe d’Huez, mais avec ce style pyrénéen plus sauvage et moins urbanisé.
Le Tourmalet vu par les cyclistes : difficulté réelle et sensations sur la route
Sur le papier, le col du Tourmalet est classé hors catégorie, avec des montées qui dépassent les 1000 points de difficulté sur certains sites spécialisés, un dénivelé qui tourne entre 1260 et 1400 m et des pentes moyennes proches de 7 %. En vrai, les cyclistes parlent surtout de trois choses: la longueur, l’absence de répit et la météo.
L’effort est continu. Sur les deux versants, les replats sont rares, la route s’élève presque sans interruption. Psychologiquement, c’est fatiguant: on ne “récupère” jamais vraiment, on gère sa respiration et ses jambes en permanence. Ajoutez à cela l’altitude: terminer à 2115 m, ce n’est pas l’Himalaya, mais on sent quand même que l’air devient plus frais, parfois plus humide, et que le vent peut complètement changer la donne dans les derniers kilomètres.
Quelques conseils très simples ressortent des témoignages: partir avec suffisamment d’eau, contrôler son allure avant Barèges ou avant Gripp, surveiller les températures (il peut faire chaud en vallée et froid au sommet). Beaucoup de cyclistes racontent aussi la satisfaction très particulière de basculer au sommet, de voir la vue sur les Pyrénées et de se dire: “OK, moi aussi j’ai fait le Tourmalet”.
Préparer sa montée du Tourmalet : équipement, période et accès
Pour réussir sa montée du Tourmalet à vélo, il faut réfléchir à trois choses: la période, le matériel et l’accès. La route est habituellement fermée l’hiver et ouverte en fin de printemps, avec une réouverture souvent autour de juin, mais cela dépend de l’enneigement et des conditions du climat montagnard. Vérifier auprès des offices de tourisme des vallées de Barèges, Campan ou Gavarnie est une bonne habitude avant de programmer une ascension.
Côté vélo, on parle de pentes à 7–8 % en moyenne, avec des passages à 10 % et plus. Un braquet adapté (type compact avec cassette généreuse) évite de se mettre dans le rouge dès les premiers kilomètres. L’alimentation et l’hydratation sont déterminantes: sur une montée qui peut prendre 1h30 ou plus pour un amateur, partir léger et sans boire est une mauvaise idée. La météo impose aussi veste, gants légers et éventuellement coupe-vent pour la descente.
Pour l’accès, la route D918 relie Luz-Saint-Sauveur à Sainte-Marie-de-Campan via le col. On peut donc rejoindre la montée :
- par Luz-Saint-Sauveur côté ouest, en venant de Lourdes ou Tarbes
- par Sainte-Marie-de-Campan côté est, en arrivant depuis Bagnères-de-Bigorre
Les stations du Grand Tourmalet, La Mongie et Barèges, servent de bases d’hébergement avec hôtels, gîtes et campings dans les vallées, pratique pour enchaîner plusieurs cols pyrénéens dans la même semaine.
Le paysage du Tourmalet : entre pâturages, station de ski et haute montagne
On parle beaucoup chiffres, mais le col du Tourmalet, c’est aussi une route qui traverse des paysages grandioses. Au départ de Luz ou de Sainte-Marie-de-Campan, on roule dans des vallées vertes, avec des villages typiques comme Luz-Saint-Sauveur, Barèges ou Campan. Les prairies, les vaches, les ruisseaux donnent presque envie de s’arrêter… sauf que la pente rappelle vite qu’on est là pour grimper.
Sur le versant est, la station de La Mongie marque l’entrée dans un univers plus minéral, avec remontées mécaniques, parkings et bâtiments orientés ski. Un peu plus haut, le domaine skiable du Grand Tourmalet est le plus grand domaine des Pyrénées françaises, ce qui se voit dans le nombre de pistes et de télésièges qui encadrent la route. Les derniers kilomètres avant le sommet sont souvent plus nus, avec roche, blocs et une vue panoramique sur la chaîne. C’est là que l’on prend les photos classiques: panneau du col, statue d’Octave Lapize ou des Géants de la Route, vélo posé contre la barrière.
Le Tourmalet dans la culture vélo : symbole, mythes et anecdotes de champions
Dans la culture vélo, le Tourmalet est bien plus qu’une simple route. On le décrit régulièrement comme un géant des Pyrénées, un col hors catégorie qui revient dans les récits de coureurs, les livres d’histoire du Tour et les guides cyclistes. Les phrases marquantes de Lapize, les biographies des grimpeurs, les images télé des années Indurain ou Pantani ont façonné une image faite de souffrance, d’héroïsme et de dépassement.
Les plateformes cyclistes, les sites de tourisme montagnard et les guides vélo l’intègrent systématiquement dans leurs “cols mythiques des Pyrénées”: Tourmalet, Aspin, Aubisque, Peyresourde… mais le Tourmalet garde souvent la première place symbolique, justement parce qu’il est le plus souvent passé par le Tour de France et parce que son profil est exigeant des deux côtés. Pour un coureur, “avoir fait le Tourmalet” est un badge, presque une validation; pour un spectateur, c’est le col où l’on a vu s’écrire tant de scénarios; pour un local, c’est la route du quotidien qui finit par devenir un monument.
Infos pratiques pour visiter et gravir le col du Tourmalet
Pour un séjour dans les Hautes-Pyrénées, le col du Tourmalet fonctionne très bien comme base de tourisme montagnard. Les accès routiers principaux restent Luz-Saint-Sauveur, Barèges, Sainte-Marie-de-Campan et La Mongie, avec la D918 qui traverse le col. En été, la route est ouverte à la circulation; en hiver, le col forme surtout un lien entre les stations de ski de Barèges et La Mongie, la chaussée étant souvent fermée au trafic classique.
Autour du col, on trouve :
- hébergements en vallée (hôtels, gîtes, campings)
- stations du Grand Tourmalet pour le ski et les activités quatre saisons
- itinéraires de randonnée, lacs d’altitude et circuits VTT
Un combo très populaire consiste à grimper le col à vélo le matin, puis à prendre le téléphérique depuis La Mongie pour monter au Pic du Midi de Bigorre l’après-midi, découvrir l’observatoire astronomique, les terrasses panoramiques, et redescendre ensuite à son hébergement. Honnêtement, pour un week-end sport et découverte, difficile de faire plus riche.
Le col du Tourmalet, symbole du patrimoine du cyclisme
Le Tourmalet est désormais ancré dans le patrimoine du cyclisme. Dans les médias, il revient chaque année dans les débats sur le tracé du Tour, dans les reportages sur les “montées légendaires”, dans les documentaires qui remontent aux premières éditions de la Grande Boucle. Les cyclistes amateurs se fixent souvent le défi de “faire le Tourmalet comme les pros”, parfois en suivant précisément les versants empruntés lors de certaines étapes historiques.
Ce col continue à être régulièrement intégré dans le parcours du Tour de France, ce qui montre que son importance ne s’est pas évaporée avec le temps: il reste une référence, un passage qui raconte quelque chose de la philosophie du Tour, de la place des Pyrénées dans la course et du goût pour les ascensions longues et sélectives. Si vous cherchez un col qui combine histoire, sueur, paysages et légende, le Tourmalet coche quasiment toutes les cases.
FAQ rapide autour du col du Tourmalet
Quelle est l’altitude du col du Tourmalet ?
Le sommet du col du Tourmalet se situe à 2115 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait l’un des plus hauts cols routiers des Pyrénées françaises.
Quel versant est le plus dur à vélo ?
Globalement, le versant Luz-Saint-Sauveur est considéré comme plus difficile, avec environ 19 km de montée, un dénivelé positif proche de 1404 m et une pente moyenne autour de 7,4 % tandis que le versant Sainte-Marie-de-Campan est un peu plus court et légèrement moins élevé en dénivelé mais très soutenu dans le final.
Combien de fois le Tour de France est-il passé au Tourmalet ?
Les sources varient, mais toutes indiquent plus de 80 passages certaines parlent de 84, 86 ou 87 apparitions, ce qui en fait le col le plus souvent franchi de l’histoire du Tour de France.
Alors, vous le mettez quand au programme, ce col du Tourmalet ? Que ce soit pour suivre la trace des champions ou pour profiter simplement des vues panoramiques sur les Pyrénées, on peut difficilement sortir de cette montée sans avoir le sentiment d’avoir vécu une vraie expérience cycliste.
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